dimanche 22 février 2015

Sur la sculpture



Sur la sculpture






Je crois que mon travail de sculpteur est avant tout commandé par le regard.

C’est en posant tout d’abord mon regard sur des objets qu’ils soient entiers et fonctionnels ou à l’état de fragment inidentifiable que mon cerveau opère un premier assemblage d’images  et / ou de sensations.

S’enclenche alors depuis cette première « impression » une activité poétique qui se développe autant dans l’imaginaire (le mental) que dans la mise en œuvre technique (le physique) qui vont s’enrichir mutuellement et alternativement.

Il y a plusieurs étapes dans la réalisation de mes « figures » :

Le premier accouplement de formes est un saut décisif dans l’orientation de mon regard. C’est lui qui décidera de la dimension du processus pour parvenir au résultat définitif, par quelles étapes techniques il me faudra passer, la durée de la réalisation, donc la dynamique du geste à produire.

La « figure » se concentrera sur son axe ou au contraire vagabondera parmi les différents possibles ouverts par la première opération.

A la toute fin de la réalisation c’est la sculpture elle-même, enfin autonome qui pose son regard sur l’espace qui l’entoure et me propose, enfin à distance, une interprétation.
Alors seulement vient le titre de l’œuvre. Un mot, une phrase, une référence, une proposition la plus ouverte possible, détendue ou ramassée sur elle même pour répondre aux tensions propres de la sculpture afin que le regard du spectateur, dans un aller retour entre la forme et le sens puisse creuser son terrier et fabriquer sa propre image (ou commentaire)  de ce que mon regard a initialement proposé.
Etablir sa propre distance avec l’œuvre.


 Un homme avisé (2015)
 La perplexité du tirailleur (2015)
Fidel sonando (2014)
 Futur antérieur (2014)
 Avant le rut (2015)
Le songe du mineur de fond /face (2014)
Le songe du mineur de fond /dos (2014)
 En attendant ce jour (2014)
 Un doute raisonnable (2014)
Reine de Saba (2014)
L'Homme en colère (2015)
 Précolombienne-Postmoderne (2015)
 Paso doble (2009)
 Pas de deux (2009)
 Au bord du monde (2014)
 Mémoire de l'enfant (2014)
Individu traversant un groupe (2013)
Madame Butterfly (2014)
La Cruche -hommage à Vermeer (2015)
La Catrina (2015)
Prix Nobel de l'échec (2014)
 Un aller pour Lampedusa (2014)
L'enfant bleu (2014)


Chaque matériau employé, avec sa nature physique, son histoire, évidente ou non, ses spécificités plastiques concourt au sens global de l’œuvre et à l’espace qu’elle va libérer. C’est dans cette matérialité hétéroclite que le regard construit sa propre sensation et s’approprie les contenus que je n’ai fait que proposer.

dimanche 20 octobre 2013


SAMEDI 19 OCTOBRE 2013

LES 1001 VIES DE MONSIEUR CYRILLE BOSC.

Grands Masques. Ph.©FDM.

Boulonneur. Dévisseur et Déboulonneur. Soudeur de matières et matériaux divers. Poète de l’Orénoque, de ses masques et horizons lointains. Amateur de boîtes, boulons, pelles, tournevis. Récupérateur de ferrailles. Amoureux des bois flottés qui parcourent les mers et la planète, au gré des courants et des vents. Adepte du polissage et ripolinage des surfaces, Monsieur Cyrille Bosc parcourt ses différents chemins. Qui sont pluriels. Résolument pluriels.

Créateur de balancelles multicolores et de machines à gazouiller, de sortes de jouets pour de grands enfants. Monteur et montreur de marionnettes souvent de belle taille. Ou fabricateur de mondes lilliputiens, peuplés de vis, de fragments, de tous les rebuts des usages du monde. « Art Brutier » [il met souvent ses pas dans le sillage de l’Art Brut],Monsieur Cyclo-Cyrille Bosc parcourt l’univers des apparences et des savoir-faire. Il s’invente des mondes, les entasse et agrège les uns aux autres.

Une poupée surréaliste avoisine une idole d’un autre âge. Les courbes et contrecourbes d’une sculpture acérée, la selle et le guidon d’un artiste - qui n’est plus (ou pas encore, ou plus du tout ou bien pour toujours) Picasso - veillent sur l’armée des blocs, des coffres, des socles et des formes élancées qui y prennent appui.

Comment choisir entre les 1001 vies d’un "montreur" de marionnettes et de mondes plastiques qui se dédoublent et se démultiplient ? À la façon d’œuvres gigognes ou de poupées que l’œil du visiteur se plaît à encastrer (ou désencastrer, développer) les unes dans les autres, les unes en dehors des autres.

Secrètement et dans votre dos, il prépare déjà les formes et agrégats suivants, les bidons cabossés et refondus, les cercles et les flèches, les hélices qui vont servir à construire d’autres mondes. À échelle un, deux ou trois. Ou moins Zéro. Car ces mondes sont paradoxaux. Il s’additionnent ou bien s’annulent. Tant ils sont multiples, polyvalents et foisonnants.

De ces paradoxes, Monsieur Cyclo-Cyrille-Bosc n’a que faire. Il les entretiendrait plutôt. À la ligne droite, il préfère, le lent cheminement et le foisonnement des labyrinthes.

Le Passage (« un aller pour Lampedusa ») Ph.©FDM.

article de Florence De Meredieu: les 1001 vies de Monsieur Cyrille Bosc

Florence De Meredieu, agrégée de philosophie, maître de conférences à l'université Paris1 (Panthéon-Sorbonne) enseigne l'Esthétique et les sciences de l'art. Elle m'a fait l'honneur et l'amitié de publier un article sur son blog
http://florencedemerieu/blogspot.fr/2013/10/les-1001-vies-de-monsieur-cyrille-bosc.html

dimanche 14 octobre 2012

                                                                       Une Carrure
A propos d'un déjeuner sur l'herbe

Portes ouvertes des Ateliers d'artistes de Montreuil 2012. Ouverture de l'atelier du vendredi 19 au lundi 22 octobre 2012 de 14 à 20 heures

samedi 14 mai 2011

Nuit des musées / fête de la nature à Deuil la barre (95)

L'occasion du 14 au 22 Mai de présenter deux oeuvres, dont une création -Le Roi du Bois- dans le cadre de la Nuit des Musées, et de la fête de la nature organisées simultanément par la municipalité de Deuil la barre (95)
Une occasion donc de faire se frotter le métal et le bois dans un espace public, le très joli parc de la Chevrette.

mercredi 24 mars 2010

Parcours


Né en 1956, passionné depuis l’adolescence par l’aventure surréaliste, je n’ai jamais cessé de dessiner ou peindre, bien que ma carrière professionnelle se soit très tôt orientée vers le théâtre. En effet, comédien durant près de trente années au cours desquelles j’ai collaboré avec des metteurs en scène tels qu’Ariane Mnouchkine, Lucian pintilié, des chorégraphes, (Maurice Béjart, Alain Marty) et de nombreuses compagnies indépendantes, J’ai créé moi-même plusieurs mises en scène ainsi que mes propres scénographies.

A partir de1999, la sculpture a pris sa place au même titre que la création scénique pour s’imposer à part entière depuis2007.

Préoccupé d’un art populaire, accessible et néanmoins exigeant, influencé par les masques, et la statuaire africaine, très attentif à l’Art Brut et inspiré par les œuvres de Picasso, Julio Gonzales, César, David Smith ou Robert Jacobsen, j’ai développé un travail où l’assemblage, et les matériaux de récupération industriels ou domestiques ont pris une grande place.

Ce travail m’a permis de créer un espace à la fois ludique et subversif

(« Bricolismes -1999-2005 »)

Depuis 2005, la maitrise des techniques liées au travail du métal m’entraine vers une sculpture qui si elle conserve ses fondamentaux de récupération/ transformation d’objets pré-existants se détache des allusions anecdotiques pour aller vers une esthétique plus épurée, plus transposée.

Il n’en reste pas moins que pour moi, l’objet « assemblé », « bricolé » ou « intégré » dans une structure jouit d’une deuxième chance, d’un deuxième, un énième degré de sens. Il devient par la rencontre aléatoire ou la fusion dirigée, une matière proliférante de l’imaginaire, contenant quantité de significations nouvelles, de combinaisons organiques inattendues, susceptibles de redonner la vie, une (des) histoire(s) à ce qui était jusqu’alors considéré comme déchu, obsolète, et qui accède peut-être par ces opérations de transformation à une valeur totémique contemporaine.

« Les objets ne finissent jamais ; ils s’intersectent avec d’innombrables combinaisons de sympathie et d’innombrables chocs d’aversion. »

Umberto Boccioni- 1912- (sculpteur)